Une égalité des chances dans les écoles : c’est possible !
Selon l’APEDA (association belge pour les personnes en difficulté d’apprentissage), aujourd’hui on estime qu’environ 85 000 élèves en Fédération Wallonie- Bruxelles vivent quotidiennement des difficultés liées à leur(s) trouble(s) d’apprentissage, ou plus communément appelés troubles « dys ». Ces difficultés peuvent entraîner des retards scolaires, une faible estime de soi et parfois une démotivation généralisée. Cependant, grâce à des initiatives innovantes et des approches pédagogiques adaptées, de nombreuses écoles réussissent à transformer ces défis en opportunités de réussite.
Vous avez sûrement déjà rencontré une personne portant un de ces nombreux troubles, mais savez-vous ce que cela représente réellement ?
Tout d’abord, les troubles d’apprentissage reprennent six catégories : la dyslexie, la dysorthograhie, la dyscalculie, la dyspraxie, la dysgraphie ainsi que la dysphasie.
En voici des brèves descriptions :
dyslexie : confusion entre les signes écrits et les sons entrainant une difficulté d’écriture ;
dysorthographie : difficulté d’écriture au niveau du vocabulaire, de la grammaire et de la conjugaison ;
dyscalculie : altération de la capacité à comprendre et à utiliser les nombres ;
dyspraxie : Trouble du développement moteur entrainant des difficultés à coordonner les mouvements ;
dysgraphie : difficulté affectant le geste graphique et l’aspect de l’écriture manuscrite ;
dysphasie : trouble du développement du langage oral. Ceux-ci sont tous permanents car ils sont d’origine neurobiologiques. De plus, dans près de 40% des cas, un enfant concerné par un trouble “dys” en présente plusieurs.
Laurie enseigne la méthode des alphas permet aux enfants d’apprendre l’alphabet tout en visualisant des personnages. ©Billie Binet, 2024.
En effet, la plupart des parents ont une réaction de rejet c’est-à-dire, qu’ils n’acceptent pas les difficultés de leur enfant. De plus, ils ont tendance à minimiser et à trouver des excuses. Laurie Hanon, institutrice en première primaire nous en parle : “Il faut être conscient que la situation familiale joue un grand rôle dans le développement des troubles “dys” chez l’enfant”. En tant que parent, il faut éviter un maximum de faire ressentir à son enfant qu’il est “différent”. L’enfant pourrait se sentir mis de côté chez lui et auprès de ses camarades de classe, ce qui pourrait le braquer. “Quand l’enfant se renferme sur lui-même, on se ne sait plus rien en tirer. Il ne veut plus rien entendre. À ce moment-là, mon rôle est de le remotiver, ce qui est une lourde tâche.
Dans un premier temps, le plus important est d’être conscient des signes et attentif à ceux-ci. Laurie, doit l’être d’autant plus. Les troubles se remarquent souvent dès l’entrée en primaire, lorsque les enfants apprennent à écrire, lire et compter. Elle nous explique quelques signes alarmants : “Quand l’enfant a des difficultés pour découper et coller par exemple c’est souvent synonyme d’une dyspraxie.” Dans d’autres cas, le problème peut se déclarer plus tôt. “J’ai déjà rencontré un petit garçon qui confondait les sons “ch” et “s” à l’oral. Pour dire “échelle”, l’enfant disait “éselle”. J’ai tout de suite été plus attentive pour l’aider à les différencier.”, nous raconte Laurie.
Il existe plusieurs trucs et astuces que certains professeurs utilisent au quotidien sur base de leur expérience et de retour de professionnels. Certains proposent des ballons d’exercices sur lesquels les enfants dyspraxiques s’assoient afin de favoriser la concentration sur une seule chose à la fois. D’autres proposent aux élèves des casques à réduction de bruit. Cette astuce, Laurie l’a testée et l’approuve : “Cela permet vraiment aux enfants de se mettre dans leur bulle lorsque je leur demande d’écrire le journal de classe au tableau par exemple.”.
Additionellemment aux petites techniques des professeurs, certains objets existent pour aider à soulager un maximum l’enfant de ses troubles diagnostiqués. L’institutrice primaire nous parle du site hoptoys.fr. C’est une plateforme qui propose des outils favorisant la concentration. “On peut y acheter des objets à mastiquer, des handspinner, des caches de lecture ou encore les casques à réduction de bruits que j’utilise”. Les logopèdes et autres professionnels recommandent la plupart du temps ce type de produit pour aider l’enfant à focaliser son attention.
Effectivement, il est important d’avoir un suivi régulier en classe pour le bien-être des enfants mais ce même suivi doit être poursuivi à la maison. Il est primordial que les parents aient conscience que ces troubles prennent du temps à être traité et qu’ils ont eux aussi un rôle important dans le bon apprentissage de leur enfant. “J’ai déjà rencontré des cas où les parents étaient dans le déni. C’est vraiment compliqué pour moi car j’ai une double responsabilité sur les épaules : l’enfant fait un pas en avant en classe et un pas en arrière à la maison.”, témoigne Laurie Hanon.
En tant que parent d’un enfant présentant des troubles “dys”, il est d’autant plus important de s’accorder avec les consignes du professionnel et/ou de l’instituteur afin d’assurer un suivi quotidien optimal pour votre enfant.
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